Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

<< deuxième édition du festival PLAYTIME à Bétonsalon ! | Performance de Claudia Triozzi et Haco 15/10/09 | Audition à Bétonsalon ! >>

Performance de Claudia Triozzi et Haco 15/10/09 | 22 octobre 2009

Ce jeudi 15 octobre 2009 à 18h, l'artiste italienne Claudia Triozzi et la musicienne japonaise Haco se sont invitées dans le cours de Neuroscience de Marc Maier, professeur à Paris Diderot - Paris 7 pour une performance acclamée par son public.


Les étudiants de psycho déconcertés mais pour la plupart séduits ont assisté à un cours à deux voix sur le thème de la schizophrénie. Il va sans dire que l’artiste Claudia Triozzi, double musical de Marc Maier, offrait un exemple des plus édifiants. Avec l’aide des étudiants du DNAP 2 de l’école supérieure d’art de Rueil Malmaison, les artistes ont su créer un moment d’intensité rare dans l’amphithéâtre 8C du bâtiment de la Halle aux Farines de l’université. Entre extase, angoisse, peine douloureuse et tension érotique, jamais un cours n’aura été aussi vivant !  

 

Voici ce qu’écrivait Claudia Triozzi avant que la performance ne prenne corps:

« Pour cette création dans le cadre de Playtime, ce qui m’intéresse ici c’est d’intervenir musicalement et vocalement, à l’intérieur d’un lieu - une Université -, d’un contenu organisé et centré sur le langage - un cours de littérature, de dramaturgie ou de sciences -, d’une temporalité - un cours magistral de trois heures -, où le discours, le savoir sont mis en scène pour être transmis.

Un lieu de représentation donc, où la voix fait corps avec une pensée en acte, avec un énonciateur et son énoncé. Comment rentre-t-on dans cette parole ? Comment analyser cette parole qui surgit ? Quelles distances instaure-t-on avec le discours ?
J’aimerais ainsi travailler sur les aspects fictionnels que le cours va d’emblée mettre en jeu, puisque le professeur a organisé en amont son cours, son déroulé, la manière dont il va l’exposer. C’est cette dimension performative, cette inventivité qui m’intéresse et dont je souhaite montrer et démonter la construction, en souligner les rythmes, distendre les temporalités, composer avec. »


On peut affirmer que le défi a été relevé. Certaines de ces questions ont su trouver leurs réponses. En discutant avec les étudiants de Marc Maier, public presque malgré eux
d’une performance artistique et témoins d’une expérience intellectuelle qu’ils n’oublieront pas de si tôt, on a même pu entendre d’étonnantes réflexions telles que « j’ai mieux compris mon cours », « jamais il ne m’a paru plus clair ». Comme si ces étudiants avaient « écouté » pour la première fois leur cours de neuroscience, s’étaient concentrés sur les mots, les avaient ressentis. Expérience étrange, celle d’un langage qui pénètre le corps de celui qui le reçoit, résonne; comme si la musique, les notes comme la mélodie et le timbre de Claudia, portaient les mots et les aidaient à faire sens.


La performance avait été quelque peu préparée, les artistes savaient toutes deux de quoi il serait question pendant ce cours, comment articuler leur discours (chanté ou instrumentalisé) à celui de l’enseignant. C’est donc à dessein qu’elles en ont dramatisé une partie, en rendant une autre plus légère. A cela s’ajoutait cependant une part d’improvisation non négligeable, fondamentale même, pour que s’immisce dans ce cours la magie de la musique. Certains étudiants se sont par exemple prêtés au jeu. Ils sont intervenus pendant leur cours, ont posé des questions à leur professeur, non pas sur la performance elle-même mais bien sur le contenu du cours, comme si rien ne se produisait autour d’eux. En conscience de cause ou non, ils ont su intégrer leur propre voix à la performance, chose que nul ne pouvait véritablement prévoir, et qui échappait à tout contrôle. Ces courageux, même assez peu nombreux, ont pris part à la performance. Au même titre que Marc Maier, victime consentante, leur voix a été « musicalisée » et rendue « performative » par la seule présence du son et tout simplement par le contexte imposé par Haco et Claudia Triozzi.


Les voix viennent alors de tous les coins de la salle, les étudiants de Reuil Malmaison, complices des artistes, parcourent la salle en dispersant leurs voix. « Ma que bellissimo » disent-ils, comme s’ils cherchaient à résumer en une seule exclamation ce qu’ils venaient de voir, et ce à quoi ils avaient participé.

 

 

Publié par betonsalon à 13:42:53 dans Playtime | Commentaires (0) |

Ajouter un commentaire

Nom :
Email :
Url :
Sujet :
Texte :
Code :
si vous n'arrivez pas à voir le code Cliquez ici