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À l'intérieur du cercle de l'artiste Ian Wilson | 29 novembre 2007

Ian Wilson, Chalk Circle, 1968
Craie, ∅ 183 cm
Courtesy galerie Jan Mot, Bruxelles


Extrait du dossier pédagogique :

Un cercle régulier est tracé à la craie grasse sur le sol. La réalisation en est simple, et peut être déléguée à tout un chacun : à partir de dimensions déterminées par l'artiste, une corde est attachée à un clou, planté au sol ; à l'autre bout, une craie permettra de tracer un contour circulaire régulier. La forme est simple. Le statut de l'œuvre est indéfini, entre la bi-dimensionnalité du dessin et la prise sur l'espace de la sculpture.

Le spectateur peut fouler la pièce, y marcher, dedans, dehors, la contourner ou passer son chemin, comme s'il tournait autour d'une forme en volume, pour mieux la voir. Tirant parti de son expérience de sculpteur, Wilson travaille directement sur l'interaction qui se trame entre la forme, qu'elle soit volume ou tracé, et le corps du spectateur, instaurant une théâtralité si caractéristique des préoccupations de la sculpture minimale des années soixante.

Les fonctions cryptées du cercle en font un espace à part : il est une forme essentielle que de nombreuses cultures humaines ont doté d'une signification rituelle, comme symbole de la limite, de la frontière avec l'autre monde, celui des esprits. Un cercle tracé au sol sert souvent de repère et d'outil lors des exercices de théâtre, dans la comedia dell'arte ou chez Peter Brook. Il définit un espace pour le corps du comédien qui doit l'apprivoiser. Ian Wilson, avec cette œuvre, ne cesse de jouer des brouillages de frontières entre activité et passivité, spectateur et acteur, distance et proximité, comme si une manière de jeu était inhérente à l'acte d'expérimenter une œuvre.

Texte : Nicolas Fourgeaud ; photo : César Delgado Wixan

http://www.janmot.com/

Publié par betonsalon à 20:20:53 dans In the stream of life | Commentaires (0) |

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